Elle avait posé son corps fatigué sans même regarder où elle mettait les pieds .
Elle se regardait tomber .
Elle contemplait sa chute comme si çà n' avait été la sienne . Ce corps livide, lasse, déchiré, se pouvait-il que ce soit le sien ?
La route avait été si longue .
Depuis tout ce temps elle marchait, elle marchait pour fuir le temps, elle tentait en vain d' échapper à sa condition .
Mais quoi ? Il aurait fallu couper à travers champs, courir bien plus vite que le vent, voire même se doter d`un tapis volant...
Et encore... Quelle fin horrible pour une âme si sensible, que de finir à genoux, sa carcasse au bord du gouffre, après avoir combattu si ardemment...
Rattrapée par le commun des mortels . Impuissante .
Dans son dernier souffle, elle dit ceci à qui passait devant elle; « Le temps n'est un ennemi, que si vous lui faussez compagnie . Prenez donc un verre avec lui, qui sait peut être deviendrez vous bon amis... »
